• « Souple »

      Deux éléments se font face, « une » eau, « un » corps : nettement séparés, on aimerait les unir, les fondre. Ainsi présentée l'eau exprime un désir sexué, un germe de vie nouveau.
      A gauche « une » eau, qui nous fait naître, nous nourrit, nous porte, pressante, envahissante, ubiquitaire. Temps zéro de la création, c'est un point de départ. Elle rempli la page, abstraite, sans horizon, elle est là, belle. On utilise les mathématiques ou la physique pour essayer de la cerner, mais seuls tous nos sens en feront le tour. On voudrait s'ouvrir pour la laisser nous prendre, nous aspirer.
      A droite « un » corps : très peu le nôtre, plutôt un corps trompeur, fourbe, étrange. On ose à peine s'identifier à cette masse de chair, bien que l'envie soit forte. C'est dérangeant, dégoûtant ! Ce n'est pas un membre détaché ou arraché au nôtre, non, c'est un être indépendant. Issu d'un germe de vie probable, aléatoire, il semble pourtant bien réel voire hyper-réaliste. Difficile de ne pas s'y projeter, de le fantasmer. C'est une sorte de compilation de notre corps habituel, replié sur lui même, en circuit fermé : une douceur embryonnaire. Il est un : un autre, qui intrigue, qui attire.
      Ainsi la boucle se referme, on en revient au désir, à l'eau, à l'union, à la vie en cours : germée.

     


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